7orriett

pour un monde meilleur

20
juil 2011
Posté dans Non classé par 7orriett à 5:45 | Pas de réponses »

image0026.jpg

 

Dans la nuit sombre de ce mois de janvier et alors que  le feu de la révolution faisait brûler les feuilles mortes de la vie  et sous des étoiles dont les lueurs n’éclaircissent que faiblement les cimes des arbres, il était là, accoudé à sa table, une cigarette, à moitié consommée, entre les doigts et il regardait le reflet de son visage dans la glace du meuble qui servait d’argentière dans son salon. Un visage affaibli par les jours et traumatisé par la honte qui lui rongeait les tripes comme une gangrène….  Devant lui, un téléviseur qui transmettait les informations du jour et non loin du téléviseur, collées au mur, des photos d’elle ; des photos qui ne sont pas assez vieilles mais elle paraissait comme si elle avait des ans de plus….Sur l’une des photos, elle riait……Sur l’autre, elle tenait une fleur et elle ne regardait pas l’objectif qui la filmait…..Sur une troisième, elle paraissait plus belle et plus souriante …

      Ses yeux fatigués, balayaient les photos comme s’ils la cherchaient sur une photo précise….une photos qui n’est pas comme les autres….une photo où les expressions de son visage sont fortes….expressives…..vivantes….Il est vrai qu’elle est belle sur toutes les photos collées à son mur mais il cherchait autre chose….une photo où  la caméra n’a pas figé l’instant de la pause et où elle a gardé sa vie….il cherchait une photo qui vit….où les couleurs changent et virent au gré des lumières qui traversent la photo….Ses yeux , désorbités par l’angoisse de ne pas la trouver, zieutent le mur et les photos qui ont été accroché un jour quand  elle était là comme une mésange qui remplit la vie des ses chants et de ses couleurs…et….elle était là…..accrochée près du téléviseur et que l’ombre de celui-ci la lui avait cachée….Il s’approcha….l’arracha au mur et la prit entre ses mains….ses deux mains…..comme s’il avait peur qu’elle ne s’évapore comme une illusion ou un mirage que sa peur fait fuir……

      Ses cheveux étaient coupés en carré et ils lui descendaient sur les yeux sans les cacher…Ils lui donnaient un air ferme….dur….comme si elle est, toujours, sur le point de dire ou de faire quelque chose….ou….comme si elle allait quitter la photo….Ses yeux mi-clos, eux, étaient noirs, d’un noir sombre opaque …..deux obsidiennes qui reflètent un cœur que la vie a stigmatisé…..Le col  de sa chemise ….surpassait sa veste et sa poitrine paraît plus imposante qu’elle ne l’est dans la réalité….Sa chemise était un peu courte ….Est-ce qu’elle portait un jeans ce jour-là ?….Il n’arrive pas à s’en souvenir…..il se rappelle de ses lèvres….fines comme  un zéphyr qui berce les fleurs d’un amandier….Il se rappelle que quand elle souriait, elle avait l’air d’un ange….ou  d’une fée ….Un jour de printemps, il lui avait dit que ses lèvres étaient très belles….Elle n’avait rien dit….Elle avait juste souri….Et dans l’éclat de son sourire ; il a senti que son cœur allait lâcher….Il mit la photo sur la petite table du salon et il alluma, dans un geste machinal, une cigarette…La fumée zigzague dans l’air froid de la chambre et les bouffées de son tabac, à bas prix, lui traverse la gorge comme un couteau bien aiguisé….Ses yeux errent dans la chambre, qui lui paraît plus grande qu’elle ne l’est vraiment, et retombent comme une météorite sur la photo qu’il avait, soigneusement, mis sur la petite table…Et dans le noir de la nuit, les coups de feu retentissent et emplissent le ciel noir de la ville…..comme elle est belle ! Son corps si bien sculpté paraissait souffrir sous le poids de cette chemise aux couleurs ternes et sous cette veste qui séquestre son désir de rébellion….Comme elle est belle !…..Dans le silence de la nuit et l’angoisse de la peur qui le hante, il lui a paru que la photo était vivante….Il lui a paru qu’elle est vivante et que de son regard était vivant….bien vivant……Le vent fait bouger les arbres de son jardin….Et dans la confusion nocturne du bruit du vent et celui des coups de feu, il entendit de nouveau le bruit de ces pas….Le bruit sec et léger le traverse et dans un geste affolée, il se tourna  vers la porte……Et si c’était elle ?

     La nuit couvrait la vie et le froid traverse les murs et il sentait que son réchaud à gaz avait, lui aussi, froid malgré le feu bleu qui dansait sur ses foyers….Il tourna les yeux dans le salon ; les murs changeaient de couleur au gré de la télévision et du changement des programmes et les ombres du lustre accroché au plafond du salon dessinaient des silhouettes bizarres sur les murs et prenaient des formes étranges comme  si ces formes venaient des cavernes préhistoriques….Un feu brûlant lui traversait les poumons et lui grillait les parois du cœur ; quand ses yeux ont croisé les siens sur une photo qui était sur la petite table du salon…..Il jeta le mégot de sa cigarette dans le cendrier, en alluma une autre et rejeta son regard sur la photo bellement encadrée et soigneusement posée sur la petite table ……Pourquoi a-t-elle fait ça ?….La question se heurta à une profonde tristesse dans sa gorge et se figea au fond de lui ….sans réponse…..Pourquoi a-t-elle fait ça ?….Il n’en savait rien…..Elle était là, comme un papillon qui égayait sa vie et……Elle n’est plus là……

     Dans la nuit sombre de ce mois, les bruits lui parvenaient du dehors de chez lui comme s’ils venaient de l’au-delà de la vie….des bruits rauques…..mystérieux….Et dans le noir de la nuit, il revient  vers ses pensées et la tristesse recouvre son visage fatigué de la vie et de la solitude….Il y avait deux jours, elle était là….dans tous les coins de la maison …..Et elle est partie…..comme un rêve éphémère, comme un petit conte pour enfant…Elle était là….Et ses rires emplissaient les chambres….Mon dieu ! Comme ça fait mal, très mal………..

     Les vents de la nuit secouaient les arbres du jardin, et dans le noir, dans le froid de ce mois de janvier, et derrière  les paupières de ses yeux, elle était là comme quelque chose qui a toujours été là….et elle a été toujours là….Pourquoi a-t-elle fait ça ? Pourquoi a-t-elle quitté sa vie ? Pourquoi a-t-elle quitté les parfums de sa vie ? ….Les questions qui n’ont pas de réponses font plus mal que les réponses qui n’ont pas de questions….Et il avait mal….Il a mal….La gangrène de sa tristesse ronge ses tripes et son sourire sur les photos accrochées au mur lui faisaient mal….Un mal terrible…intense…..un mal qui le dévore et lui serre le cœur à le faire exploser……

      Dans le soir, dans le noir de nuit et quelque part dans cette ville que la révolution embrasse et serre contre elle, il était là, assis à sa petite table au salon à regarder les lueurs sans les voir et à écouter les chants de la nuit sans les écouter….Il était là, comme une statut de sel que le dieu a condamné….Il était là, assis à sa table et avec sa cigarette qui se consume par le feu de la question qui n’a pas de réponse et …et….elle, qui a quitté sa vie, était là…..présente…derrière l’écran de sa télévision, dans l’arome de son café, derrière les vitres de ses fenêtres et elle a soudainement quitté son cœur….Pourquoi a-t-elle quitté son univers qui la protégeait de la vie ? Les questions se succèdent dans son esprit las de la vie et dans le noir profond de son âme, il n’ y avait aucune réponse sauf qu’elle a quitté son lui pour une autre dimension de l’amour et de la vie ….

      Il est presque une heure du matin quand, et au dehors de chez lui, des coups de feu retentissent et  une lumière orange remplit le ciel noir par les nuages de ce mois de janvier….Il se leva…écarta les rideaux de sa fenêtre et regarda dans le ciel, là où il a vu le fil lumineux de la balle qui a traversé la nuit ; puis il se redirigea vers sa chaise et tomba effondré sous l’effet de la douleur qui le flagelle…Où peut-elle être dans ce soir qui enveloppe la ville ? Il a bien cherché mais elle n’était nulle part….Rien que des questions….des questions qui harcèlent son esprit et qui le torturent….Soudain, il entend du bruit….un bruit fin…..un bruit de pas….Les pas des soldats font beaucoup  plus de bruit que ça….

     Le bruit était sourd….plus sourd que la nuit…plus sourd que les voix qui lui traversent les parois du cœur  et qui s’approchaient…. et plus ce bruit aux pas de loup approchait, plus son sang allait vite en lui. Son cœur vibrait, se palpitait en lui et il la voyait traverser sa porte….entrer….mettre son manteau sur le dossier de la chaise…..s’asseoir….allumer une cigarette…..La nuit qui couvrait le monde et la ville devient plus sombre…plus inquiétante et non loin de chez lui, les coups de feu reprennent…plus forts….plus aigus…et sur la table du salon, son cendrier ovale avait l’air de le fixer avec des yeux fermés et des regards pleins de mélancolie….Quand elle a mis, il y a des mois, ce cendrier sur la petite table, elle lui avait dit de ne jamais y mettre ses mégots et que, s’il ferait ça, elle lui arracherait le cœur avec ses tétons….Comme il avait ri en la regardant dans les yeux noisette qu’elle avait…. Comme elle était belle avec son sourire aussi beau qu’une rose sous les fines gouttes d’une pluie d’automne dans un jardin que la vie a oublié dans un coin de l’existence de ce monde aussi noir que ses rêves…..

      Plaisantait-elle en lui disant ça ? Lui en tout cas, il la croyait….Elle ne lui avait jamais menti…Mais, comment ferait-elle pour lui arracher le cœur de la façon dont elle lui avait fait part ?……Le bruit s’approche ou approche et il avait peur de la revoir comme il a peur d’entendre son cœur transpercer sa poitrine et se jeter sur le poigné  pour lui ouvrir…Il n’arrive pas à projeter son cœur dans le noir du jardin pour la voir…A qui pourrait être ce bruit qui s’approchait de chez lui ? Il n’en savait rien mais il le sentait en lui….des pas fins….on dirait des pas qui ne touchaient pas le sol….des pas veloutés…mais il les entendait bien dans le noir silencieux de son lui et il l’imaginait traverser son jardin sous les lueurs de la lumière de la rue ….Pourrait-elle venir ce soir ? Pourrait-elle traverser la ville sous ce manteau de balles qui peignent la ville ?

      Les programmes sur la télévision n’avaient aucun goût…Des gens qui passent….des plateaux qui  se remplissent et qui se vident…des speakerines qui annoncent des émissions futiles et des couleurs qui se reflètent sur les murs de son salon et lui donnent des couleurs  qui changent au gré des lumières de son poste….Il ramassait la télécommande qui était sur la petite table et il la dirigea du côté du récepteur qui était logé dans une petite étage sous son téléviseur et il zappa…..Les chaînes se succèdent….des chants….des clips……des infos…..des fictions…..Ses yeux se lassent très vite et il se tourna vers le mur où sont attachées ses photos…..Mon dieu qu’elle est belle ! Pourquoi a-t-elle soudainement quitté sa vie ? Pourquoi a-t-elle disparu de son univers sans le lui dire ? Des questions….rien que des questions….des questions aussi amères que le goût de sa  peur…..

      La rue semble, sous les nuages de ce mois de janvier, déserte, vide et non loin de chez lui, les camions de l’armée passent, silencieux, muets comme s’ils coupaient dans un silence de mot la chair de cette rue martyrisée par la souffrance de ceux qui l’ont traversés ce matin et qui ont été accueillis par les balles des snipers perchés sur les toits des immeubles qui la côtoient…La rue semblait vide….Et depuis sa fenêtre, à laquelle, il a écarté les rideaux, il voyait la lumière faible de la nuit danser dans le reflet des quelques gouttes de pluie  qui ont tardé….Et dans ce silence, dans le bruit de ce silence, il entendait toujours ses pas fins qui traverse l’allée de son jardin……Il avait cru que c’étaient des policiers, ou des soldats, ou juste des gens qui veulent éviter l’armée dans cette nuit de couvre feu mais rien de cela n’était….C’était des pas fins..très fins….

           Il alluma une cigarette….regarda le feu de son briquet qui luisait sous ses yeux fatigués par les questions qui demeuraient sans réponses et fatigués par le silence qui lui dévore le cœur….Comme il l’aime ! Il ne l’a jamais dit à personne mais elle sait qu’il l’aime ….Il veut le crier….Comme il aime ouvrir la fenêtre de son cœur et crier de tout son  lui qu’il l’aime…..Le bruit se fait sentir dans l’air glacial de la chambre malgré le feu du réchaud qui se tortillait et dans le silence des lumières, il entendit encore ce bruit  de pas…..

                                                                                            ( à suivre)

 

                                                                                       Kamel Abdallah

 

 

20
juil 2011
Posté dans Non classé par 7orriett à 5:40 | Pas de réponses »

image0025.jpg

Une musique qu’il n’arrive pas à bien entendre, vient du fond de la nuit, et lui traverse les parois du cœur pour s’installer au fond de lui comme une brume automnale….Il souleva sa tasse de café….y prit une gorgée et il remit la tasse sur la table en plastique qu’il a installé au fond de son jardin….Les étoiles remplissent le ciel et morcellent le noir de la nuit…Et il réfléchit….Depuis qu’il l’a connue, il n’arrête pas de penser à elle….Depuis qu’il l’a connue, sa présence n’a jamais cessé de lui perforer l’existence…Il la voit partout où il va…Il l’entend dans les murmures du zéphyr du soir….Il la voit dans les lueurs qui viennent du fond profond de l’univers…Elle est  dans le noir de son café….dans le goût du sucre et d’amertume qui lui traversent la gorge…Elle le hante telle une présence qui le colonise….Depuis qu’il l’a connue, sa vie ne fait plus les mêmes rêves….

      La musique continue à traverser le soir et  à le traverser et la brise du soir berce les feuilles des arbres… les étoiles, telles des perles, illuminent la noirceur opaque de la nuit et peignent de leurs faibles lumières les feuilles meurtries par la chaleur infernale du jour…Quand elle parlait, ses mots résonnent au fond de son âme comme de petites cloches ou comme des chants venus d’ailleurs….Il prend une gorgée de son café….Le goût de l’amertume  se mélange à sa morosité et parfume d’une inquiétude délicieuse ses réflexions ….Son image lui perce l’esprit…c’est toujours comme ça….elle ne l’a jamais quitté…toujours belle….toujours souriante….toujours présente en lui comme un autre lui…

      L’idée  le fait sourire…Un jour, elle lui a dit qu’elle lui offre son cœur….Il était très content de l’entendre dire ça et il pensa que ce fût une déclaration d’amour qu’elle lui avoua….L’air devient de plus en plus frais et les étoiles, dans le ciel bleu noir scintillent toujours….C’était de l’amour ? ….Une autre fois, elle lui avait dit qu’elle a quitté son corps pour lui….Comment peut-on quitter son corps ?….Le cœur peut-il quitter le corps ?

- Je t’aime…..

Le cœur peut-il aimer sans le corps ?

      Son café refroidit et il décide d’aller en chercher un autre plus chaud et revenir et en l’occurrence se mettre un gilet sur les épaule pour éviter la fraîcheur de la nuit….Il se leva et se dirigea vers sa cuisine qui donne sur le jardin et  il la sentit en lui….un autre être qui l’occupe de l’intérieur….Peut-on quitter son corps ? Une femme peut-elle offrir son cœur et inhumer son corps ?….Il a beau essayé de la comprendre….de comprendre le fond de cette pensée….Il n’a jamais pu le faire….Il entra dans la cuisine….mit la tasse à moitié vide sur le comptoir de la cuisine….alla chercher son gilet en laine et revint dans la cuisine remplir sa tasse de café chaud et au moment où il ouvra la porte pour ressortir, il la vit….assise à sa table au fond du jardin….souriante et gaie comme une rose…comme elle est belle !…Il sait que ce n’était là qu’une vision…une belle vision…..

 

       Quand il arrive à sa table, il mit sa tasse dessus et il tourna le regard vers les arbres qui envahissent son jardin…..de grands arbres qui paraissent noirs…hauts…avec des formes étranges….comme s’ils étaient des monstres qui surveillent sa mélancolie nocturne….Depuis qu’elle s’est installée en lui, il ne cesse de penser à elle comme s’il n’ y a qu’elle….ses mots….ses gestes….ses rires…..ses dires….Elle a  repeint les murs de ses chambres avec d’autres couleurs….Elle a planté d’autres fleurs dans les jardins arides de son âme….Elle a créé d’autres cieux étoilés au fond de lui….

       Peut-on  quitter son corps ? ….Elle lui a dit un jour qu’elle lui offre son cœur…Dans nuit qui devient de plus en plus fraîche, il la voit sourire en lui disant ces mots si profonds si étranges…si fous …..Quand il l’a connue….quand il l’a aimé, il a aimé tout son être….Pourrait-il la  sectionner ? Quelle idée folle que celle de sectionner une personne en deux entités physique et métaphysique….Le zéphyr fait bouger les feuilles que la chaleur du jour a torturés….il serra le col de son gilet et il regarda le ciel…..Les étoiles remplissent ses profondeurs et dans le soir, la musique  qui venait de loin s’est arrêtée….le silence le remplit…..Et son café refroidit ….Il prit sa tasse et décide d’aller prendre du café chaud dans la cuisine qui donne sur le jardin….

 

                                                                                                       Kamel Abdallah

20
juil 2011
Posté dans Non classé par 7orriett à 5:38 | Pas de réponses »

image0024.jpg

 

Il n’a jamais supporté le regard des autres se poser sur lui. Il a toujours eu l’impression qu’on regardait quelque chose en lui qui suscitait une quelconque exclamation ; alors, il évitait de croiser les autres comme il évitait de croiser leurs regards qui le déshabillaient….Qu’avait-il d’aussi différent d’eux ? Chaque matin, et quand il se mettait devant son miroir pour se laver et se raser, il ne  cessait de se mirer  et de se demander sur ce qu’il avait de différent….

      Un jour, une amie à lui, lui avait dit qu’il est bizarre….Très bizarre même….Et tout en l’écoutant le bombarder avec ses remarques, il se demandait lui aussi comment lui paraît-il bizarre ?….Il n’avait rien de différent des autres….Il a un front rectangulaire, et qui, la plupart du temps est couvert de mèches de cheveux en désordre…..Ses yeux sont un peu tirés vers ses oreilles ; des oreilles un peu dressées …..Ses lèvres sont un peu grosses et sa lèvre supérieure paraît plus imposante que l’autre….On lui dit qu’elle est plus grosse que l’autre mais il n’en croit rien à tous ces dires et il la trouve juste un peu plus grosse et que si l’on veut vraiment le savoir, il fallait bien les regarder collées l’une à l’autre ; chose difficile, car, elles ne se resserrent jamais ou presque jamais…..

       Il n’a jamais supporté le regard des autres se poser sur ses épaules et il sait que même si on ne le regarde pas dans les yeux ou même si le regard des autres ne se pose pas directement sur ses épaules c’est qu’on lapide son dos avec ses regards en feu….Comme c’est irritant de savoir qu’on est la cible des yeux des autres….Mais, l’est-il vraiment ? Est-ce que tous ces gens n’avaient rien à faire que de le regarder ?  Il n’avait aucune réponse à se fournir et d’ailleurs, il n’a aucune réponse qui pourrait rassasier sa curiosité ; une curiosité qui avec le temps commence à se muer en haine ….Une haine envers tous ces yeux prédateurs qui le guettent dans chaque coin de rue .

       L’amie qui lui avait dit un jour qu’il était bizarre ne lui avait jamais dit comment…Elle s’est contenté de lui lancer sa phrase dans la figure et elle s’était retournée à sa cigarette sans trop s’occuper de l’effet que pouvait provoquer en lui cette phrase et il n’a jamais eu l’audace de lui demander des explications….Il était tout simplement allé dans sa salle de bain et il s’est dévisagé….Les yeux….le nez….les joues….le menton….Il est vrai que ses joues sont un peu enflées mais de là à dire qu’elles étaient bizarre , eh bien, il ne voit pas ça sur cette glace où il se mire….Qu’a-t-elle trouvé de bizarre chez lui ?  Rien n’attire l’attention en lui ; il est quelconque….comme toutes ces personnes qu’il croise quand il allait à son travail ou quand il rentre chez lui…..A l’usine où il travaille, ses collègues ne cessent de le regarder….de le balayer avec des yeux  que la curiosité illumine….Et…..Il lui est arrivé de voir au-delà des lueurs des leurs yeux, un sourire….un petit sourire qui ne s’affiche pas sur les lèvres….mais ils souriaient….Il en était sûr….

     Les autres….Ils lui empoisonnent la vie…..la bousillent…..la détruisent avec ces regards très trop méchants….et……Il ne trouve rien qui puissent enflammer toute cette haine qu’il voit surgir des ces yeux qui lui dévorent  le corps et qu’il sent le traverser telles des flèches empoisonnées….

    Par un jour brumeux, un jour du mois d’octobre, il décida, en se rasant devant son miroir, au cadre bleu nuit, de ne jamais regarder dans les yeux des autres et de se contenter de regarder le trottoir et de ne lever les yeux que lorsqu’il sentira que c’est vraiment nécessaire et il sentit une quiétude l’envahir….Il ne permettra à personne de traverser ses yeux….Le sentiment de béatitude l’empiète et il voit son visage s’illuminer et comme par enchantement devenir plus beau….Il est plus beau qu’il y avait quelques minutes….Il se hâta de terminer sa beauté matinale et il quitta la maison dans des pas hâtifs et pressés……

     Rien que des pieds….rien que des jambes….rien que des bouts de papiers que le vent bouge dans tous les sens…..Il traversa la première rue….la deuxième rue….Rien n’attira son attention….Il entendit des salutations qu’il ignore….Des voix traversent ses oreilles , s’engouffrent au plus profond de son être sans qu’il ne sache vraiment d’où est-ce qu’elle viennent ; mais il était content….très content de cette idée que celle d’effacer l’existence de l’autre de son lui….La vie n’a plus le même sens….Sa vie n’est autre que le trottoir ou plutôt ses pieds….oui….ses pieds….Tout en regardant en bas, il regardait ses pieds bouger….Ils bougeaient sous un rythme digne d’une marche militaire….un mouvement monotone…bien synchronisé avec le mouvement de ses bras à qui il donnait un aspect plus en cohérence avec son nouveau comportement…..Et il arrête de sentire les regards des autres peser sur lui

     A l’usine où il travaille, il ne regardait que la pièce métallique qu’il travaillait….Il entend, à travers le bruit des machines, ses amis l’appeler….mais il ignora leur cris…..Il ne regarde que la pièce que le mandrin de sa tour agriffe et ses pieds sur le bout de bois qu’on utilise pour ne pas s’électrocuter….Que c’est beau de se séparer de ce monde ; de se sentir au-delà des mots….au-delà des voix…..au-delà des bruits des machines

     Enfin, il peut se sentir libre….Les regards des autres et leurs voix ne le traverseront jamais….jamais…..Il est libre….le trottoir l’a libéré des autres…Les cris lui viennent de tous les sens et il se sent de plus en plus libre malgré le liquide visqueux et fluide qu’il sent couler le long de son bras….les voix l’envahissent mais il ne les sent pas le traverser comme elles le faisaient avant….Il a sommeil….Il veut dormir….il veut dormir….Le mandrin de la tour lui a épinglé le manche de la chemise et avec chaque tour, il l’attire vers la grosse mécanique….et….rien….un vide…..un grand vide….l’ensevelit ….il dort….comme il aime dormir sans sentir ses regards le cravacher….comme c’est beau de dormir….les voix s’éloignent…un rideau de noirceur lui tombe sur les yeux et il s’endort….enfin il est libre….enfin, il peut dormir……

                                                                                                                 Kamel Abdallah

20
juil 2011
Posté dans Non classé par 7orriett à 5:34 | Pas de réponses »

image0023.jpg

      La noirceur de la nuit commence à s’évaporer sous les lueurs dujour qui s’étalent sur les toits des maisons et les cimes des arbres….Les aiguilles de son réveil, à côté d’elle, sur sa table de nuit,tournoient inlassablement et marquent des minutes et des heures qui se succèdent sans fin…sans but….Elle était jetée sur son lit….les lumières, encore faibles du jour, se dessinent sur son corps etcommencent à sculpter ses reliefs….Le drap, aussi léger que cette brise matinale, ne couvre pas totalement son corps….il ne cache qu’à moitié sa poitrine divine qui se soulève comme si elle était sous l’emprise d’un rêve violent…

      Dans des gestes inconscients, ses mains passent sur ses seins sans s’arrêter dessus….Elle paraissait traumatisée par quelques chose qui lui brûle l’intérieur du corps….Ella passa sa main sous son oreiller mouillé par la sueur de son visage…. colle dessus son visage qui apparaît crispé….irrité par une pensée qui le flétrit …Les aiguilles de son réveil tournent toujours…sans se lasser….marquent des heures

 

sans fin et le jour commence à peindre la vie par ses couleurs estivales …quand elle changea de position, toujours avec un bras sous son oreiller humide par sa sueur, le drap descend plus bas et fit découvrir un sein marbré…. bronzé par le soleil et les jours inquiets qu’elle passe à réfléchir….elle ne cesse de penser à lui….elle le voit sur ses murs….entre ses vêtements pendus dans son garde-robe….dans sa tasse de café…..

      Son corps se tortille sur le matelas et défait  le drap qui  lui descendit sur la hanche ….son rêve se dessine sur les expressions de son visage qui changent….sur le mouvement de ses yeux fatigués par les nuits longues qu’elle passait avec lui….Que veut-elle de lui ? Qui est-il pour elle ?….Les questions la bombardent comme des météorites et ses yeux comme fatigués par ce rêve se serrent…..s’entrouvrent…..se referment……Qui est-il pour elle ?…Chaque soir, elle le voit ….Ils discutent….Ils parlent…..Il se racontent des histoires banales…..Et soudain…..comme si un chaman l’a jeté dans son corps, elle commence à le sentir bouger en elle….Quand elle va dans sa cuisine, elle le voit sur ses ustensiles accrochés à la faïence du mur…..Quand elle parle avec quelqu’un, elle a peur qu’il le voit sur les expressions de son visage…Dès qu’elle ferme les yeux elle le voit  remplir le noir de ses secondes…

       Son corps jeté sur le lit est plein de vie….sa nuisette rose bébé paraît comme une brume hivernale qui cache les fleurs du printemps sous son drap épais….ses jambes sculptés dans du bronze et entrelacées ne font découvrir qu’une partie de ses cuisses matures que la nuisette ne parvient pas à cacher…elle l’aime ? Elle n’a jamais pensé à ça…Elle a toujours considéré qu’il est toujours là…..comme un quelque chose qui ne peut pas disparaître si elle ne veut pas….Elle oublie sa présence en dehors de son elle….Il est toujours en elle comme un elle…..Elle l’aime,….Son visage change d’expressions et ses traits deviennent plus sérieux…..plus graves….Elle ne s’est jamais posé cette question….Ils passent des heures ensemble et elle ne s’est jamais posé cette question….Elle rigolait comme un bébé quand il lui racontait une blague….Elle le taquinait…..se moquait de ses expressions qu’elle considère comme vulgaire….Mais elle n’a jamais pensé qu’il pourrait disparaître un jour….

       Les rayons du soleil traversent les lames de ses persiennes et dessinent leurs reflets sur coiffeuse en face de la fenêtre et elle, sur son lit ne cesse pas de bouger….de remuer…..Elle l’aime ? Elle ne s’est jamais posé cette question….Même le jour où ils se sont disputés, elle ne s’est pas posé cette question….Elle savait  au fond d’elle qu’il viendra à sa rencontre comme il l’a toujours fait….Pourquoi cette question persiste-t-elle maintenant ?….En changeant de position, ses jambes se sont écartées laissant apparaître ce que la nuisette emprisonnait…ses lèvres dessinent comme un sourire sur son visage enfantin et comme s’il était là….en elle….elle donnait l’idée qu’elle serrait quelque chose dans ses bras….personne ne le voit….personne ne la voit le serrer….Il était dans son rêve….elle le voyait dans son rêve…

      Le réveil la réveille de son sommeil avec le bruit de sa sonnette….Elle se tourna….le fit taire  sans ouvrir les yeux et elle revint câliner son oreiller…les minutes passent….un moineau vient se poser sur le bord de sa fenêtre….Elle le regarde avec des yeux encore sous la magie de la nuit….Elle l’aime….Elle sait qu’elle l’aime…. Elle a été avec lui toute la nuit….Il lui tenait la main…la serrait contre lui….Il lui a même dit des poèmes…..des poème qu’elle aime……

      Elle se tourna vers sa table de nuit…..prit son téléphone…..elle entra dans la page des messages et elle écrivit ‘Je t’aime’….Trois mots….son cœur la quitte avec chaque lettre qu’elle écrit….Elle relit son message…..mit son téléphone sur la table de nuit….le prit encore et elle envoya le message……

      ‘Je t’aime’….Une balle qui le traversera…une balle qui lui laissera des stigmates sur tout son lui……

      Elle revint câliner son oreiller et à réfléchir sur l’expression de son visage quand il lira ce message….Sera-t-il réveillé quand il le recevra ?…..Peut importe…..Elle l’aime

                                                                                                                                                        

                                                                                              Kamel Abdallah

20
juil 2011
Posté dans Non classé par 7orriett à 5:25 | Pas de réponses »

image0022.jpg

« je t’aime »

Il est sept heures du matin quand il a ouvert les yeux….Sa chambre était comme une fournaise et il suait de partout…Il regarda les rectangles lumineux qui se dessinaient sur le plafond de sa chambre et suivit de ses yeux, encore las, la lumière du soleil qui les dessinaient en traversant les lames de ses persiennes…Sa chambre paraissait comme une porcherie avec ces papiers éparpillés un peu partout et ces vêtements jetés sans aucun soin sur le bord de son lit ….Il tendit la main vers son paquet de cigarettes qui était sur la table de nuit …en prit une….l’alluma et regarda sa fumée bleue monter vers le haut de la chambre…prit son téléphone , jeté à côté de lui sur le lit, et il lit… ‘je t’aime’…

     Ses yeux, encore sous un sommeil très lourd, discernent très mal les lettres mais il arrive à lire…. ‘Je t’aime’….trois mots….rien que trois mots, mais ils le traversent comme une lance en fer….Il mit le téléphone sur la table de nuit….descendit du lit et s’en alla dans la cuisine se préparer du café….Ses amis disent qu’il n’ouvre jamais les yeux avant sa troisième tasse de café noir et bien fort….C’était en quelque sorte vrai ….Il aime le café….la cigarette….le vin……Il sourit  et il se dirigea vers ses armoires chercher le café et le sucre et quand il finit d’en préparer il s’en  remplit une grosse tasse et retourna dans sa chambre à coucher…..

     Il est huit heures moins le quart et il n’a pas encore fini de terminer sa grosse tasse….c’est comme s’il n’en a pas envie….c’est comme s’il veut éterniser cet instant….Elle l’aime….Qui aime-t-elle ? Des phrases qui défilent sur un écran ? Des mots qui s’agencent l’un derrière l’autre comme une patrouille de soldats de plomb ?….Qui aime-t-elle ?…Une idée que le soir et la solitude emporte vers elle comme un chant qui vient de nulle part ?….Il prit le téléphone…..lit, encore une fois la phrase affichée sur l’écran….remit son téléphone sur sa table de nuit…..alluma une autre cigarette….prit encore une fois le téléphone…Qui aime-t-elle ?……Lui ?….Qui est-il pour elle ? Une personne qui hante son esprit avide d’amour et meurtri par la solitude des nuits  désolées ?…

      L’eau descend chaude du robinet puis elle commence à se refroidir….Il se savonne le visage….se rase….se rince et revint dans sa chambre à coucher….il s’enfila une chemise à manche courte, un jean et des souliers sport ….prit son téléphone….ses cigarettes et sortit de la maison….La  rue était presque déserte et les gens qu’il croisa n’osent pas lever les yeux à causes de ces rayons qui lapident la terre ….Il ne sent rien….n’écoute rien….ni les voitures qui klaxonnent….ni les gens qui le saluent…..’Je t’aime’….des mots….trois mots…..trois petits mots qui bouillonnent en lui  comme du magma….qui lui coupent le souffle…Les ombres….rien que des ombres…les murs….les gens….les voitures qui passent….tous deviennent des ombres…..Elle l’aime….Elle lui  a écrit qu’elle l’aime….Est-ce qu’il l’aime ?…..La question fût comme un tremblement de terre en lui….Il n’a jamais pensé à ça…

       Le bar n’était pas plein de gens…juste quelques personnes qui parlent tous ensemble et que personne n’écoute….Il prend une table dans un coin et commande une bouteille de vin sous la surprise du serveur qui ne l’a jamais vu à une heure pareille mais sans aucun commentaire, il lui en apporta une qu’il ouvrit dans un silence de cimetière et qu’il mit sur la table avec un verre à vin….Il avala son premier verre et le liquide lui traverse la gorge comme de l’acide….Elle l’aime…..Il allume une cigarette….boit un deuxième verre et prend son téléphone….affiche le message et il le lit….le relit…..’Je t’aime’…….

      Le salon du bar était très chaud et le climatiseur accroché au mur ne faisait que du bruit….un bruit sourd…Il verse un autre verre de sa bouteille qui commence à se vider et il sent l’alcool   lui monter à la  tête et il la sent en lui….Il n’a jamais senti sa présence….Ce n’était qu’une présence éphémère avec qui il passait des nuits et des nuits à parler….à discuter….à se raconter des blagues…..Elle n’a jamais été aussi présente comme ce matin…..Son cœur bat très fort….Le verre tremble entre ses doigts….Il le mit sur la table….prit une cigarette….l’alluma …et il se tourna vers la table voisine…..Les bouches s’ouvrent….se referment…..et…..il n’entend rien….rien ne vient de la salle…..tout bouge….mais il n’entend rien….Il entend son cœur….Le sang lui monte aux yeux et il sent qu’il va vomir…..Elle l’aime…..Il n’a jamais pensé à ça….Elle a toujours été présente et elle  n’a jamais été là….Il  affiche le message….le lit pour la énième fois…prend son verre …le vide dans son ventre et sent la brûlure du vin le traverser….et il la voit….assise derrière son clavier à attendre son retour vers un monde qu’ils ont créé avec des mots…des phrases….des arbres….des lacs….des cieux….des étoiles….un monde réellement réel….leur monde à eux seuls….Il la voit…..belle comme un matin de printemps….Elle l’attend….Il l’a toujours attendu et elle l’a toujours attendu…..Il finit son dernier verre et il décida de rentrer …Il ne doit pas la laisser attendre….Elle doit s’inquiéter…..Il paya le serveur….prit son paquet de cigarettes….son téléphone et quitta le bar……..

       Il est dix heures du matin….Le soleil fouette la terre avec ses rayons brûlants ….les voitures klaxonnent…les gens qu’ils croisent lui paraissent comme des ombres….Il va rentrer….Il ne faut pas qu’il la laisse attendre…..

        « Je t’aime »……………………

                                                                                                                  Kamel Abdallah

20
juil 2011
Posté dans Non classé par 7orriett à 5:22 | Pas de réponses »

La chaleur nocturne de ce mois de juillet se fait sentir partout, sur les murs, dans la lumière fatiguée de la lampe qui éclaire la chambre où elle était, sur les rideaux qui l’emprisonnent et qui étouffent son souffle….Rien ne bouge….rien ne dérange le silence de cette nuit qui pèse de toute sa chaleur sur son corps….Son corps…Un monstre qui la ronge et qui la flagelle ….Ses seins bougent dans tous les sens sous sa nuisette qui lui tombe sur l’épaule et en fait  paraître un téton pas plus gros qu’une cerise ; un téton que la chaleur lapide et l’envie écrase ….Rien ne bouge…L’air paraît figé dans l’air ; la lumière immobilisée dans le vide de la chambre et rien ne se fait entendre à part son souffle qui traverse sa gorge asséchée par la chaleur de cette nuit et le désir d’une femme que l’envie brûle comme un bûcher….

L’horloge accrochée à côté de son garde-robe marque minuit….Minuit ! Le moment où les démons quittent leurs gîtes et s’en aillent errer dans les ruelles poussiéreuses de la petite ville qui se meurt sous cette chaleur infernale….Il est déjà minuit….Le temps passe hors du temps de cette chambre et les aiguilles de son horloge tournoient et marquent des minutes et des heures qui s’écoulent insensément sur ce cadrant marbré et elle avait de plus en plus chaud…Lentement,elle glissa sa main le long de son ventre….un ventre que le désir embrase….sa main suante caresse les alentours de son nombril ; forme autour de lui des cercles qui se resserrent et s’élargissent a gré d’une sensation folle de le forer et d’aller au plus profond de ce bout de chaire creux qui attend sous cette chaleur intense qu’une langue gluante et humide vienne le lécher….Son doigt fait toujours de petits cercles autour de son nombril et parfois de grands cercles aussi….Ses yeux se referment très doucement et ses paupières font tomber un rideau  de vide sur elle ; et sans que ses doigts ne se lassent de faire ces cercles, elle s’en va loin….très loin…Elle l’entend traverser le couloir….s’approcher de sa chambre….entrer dans des pas veloutés….s’approcher d’elle…..la regarder allongée comme une déesse ….regarder sa poitrine divine qui monte et qui descend  dans  les mouvements d’une bête blessée et qui agonise…Il s’assied à côté du lit ….tend sa main vers son sein  que la nuisette fait découvrir….attrape son téton entre les doigts ….l’écrase….quelque chose  de transparent et de visqueux descend  sur la coupole de son sein qui se tortille sous ses doigts….Elle a mal….Il lui fait très mal mais elle ne parvient pas à dégager son téton de ses doigts….Elle bouge dans tous les sens…. Quelque chose  colle les doigts de ce visiteur nocturne à son téton et l’empêche de se libérer de ces doigts imposants….

      Ses yeux s’entrouvrent, et elle voit, sous la lumière tamisée de la chambre, sa silhouette se pencher sur elle ; son souffle chaud lui envahir le visage et elle sent ses lèvres toucher le bout de son nez et descendre comme un magma sur ses lèvres….dans un geste inconscient, elle tendit ses lèvres martyrisés par le désir et l’envie vers les siens….Son souffle en feu inhuma son visage…Il s’approcha de plus en plus d’elle . Leurs lèvres se rencontrent et les doigts du visiteur pressèrent de plus en plus son téton et glissent dans le silence de l’instant sublime vers l’autre sein…..l’écrasent et cherche dans ce silence coupé par les gémissements de la belle créature l’autre téton qui s’était enfuit sous le tissu satiné de la nuisette …..Enfin, les doigts affamés le trouvèrent…..le serrent dans une douceur empoisonnée et l’écrasent….Elle crie…se tord…se remplie contre elle-même mais ses doigts, ses lèvres qui lui collent à la bouche la maintiennent comme prisonnière d’un instant enchanté….La langue de son visiteur lui pénètre la bouche, lui en lèche le palais ……

       Elle le sent l’envahir….la posséder…..telle une entité invisible qui la hante….Elle ne peut plus bouger sous le poids de ses doigts qui défoncent les derniers remparts de sa résistance et sous cette lumière tamisée et sous le silence intense qui meuble le temps, il lui prend la main et la fit glisser en bas et  sous l’emprise de l’instant magique sa main descend enveloppée par la sienne et caresse son corps humide et gluant. Ses jambes commencent à s’écarter ….elle les plie….les tend….les serre….les desserre….

       Le silence enveloppe sa chambre et les aiguilles de l’horloge accrochée près du garde-robe affichent une heure du matin….Elle sent le temps passer….Le temps de l’instant en braise passe….la lapide avec ses secondes et la langue gluante de son visiteur…..Les aiguilles de l’horloge font entendre leur tic-tac…..Elle entend ce tic-tac sans pouvoir tourner la tête….Son visiteur lui teint la tête par une main et lui fait glisser sa main à elle par l’autre qui l’a enveloppée…………

image0021.jpg

                                                                                                                           Kamel Abdallah

20
juil 2011
Posté dans Non classé par 7orriett à 5:17 | Pas de réponses »

Enfin le report des élections de l’assemblée constitutionnelle. Un report qui a fait couler beaucoup d’encre, surtout de la part de ceux qui n’y voient qu’une perte imminente d’une opportunité que « la providence divine » leur a offert et qu’ils doivent saisir aux crocs et aux griffes avant que celle-ci, cette opportunité, ne se transforme en une conscience politique qui les privera des privilèges des effets de l’onde de choc que la révolution a produite. Il va de soi que je parle des islamistes, qui, à aucun moment de l’histoire militante de ce peuple n’ont été là et que leur seule contradiction  avec le régime politique fasciste qui gouvernait ce peuple « au feu et au fer » n’a jamais été que le « trône » car et pour cette junte ,qui n’est pas encore au pouvoir, tout le processus de l’évolution démocratique ou sociale d’un peuple ne se résume qu’au mot gouverner sans aucun projet de « renaissance » et ce, sur tous les plans.

       Nous avons dit que la seule contradiction  entre le régime fasciste et totalitaire de Zaba et des islamistes n’est autre que celle du « trône » et l’histoire nous apprend que tous les « combats » que ceux-ci ont mené n’avaient aucun rapport avec la société comme finalité et la démocratie comme projet. Regardons avec un œil critique et analysons les faits sur terre et faisons abstraction sur les discours médiatisés de ces derniers et essayons de répondre à leur place à quelques questions en rapport avec le quotidien des gens et non avec leurs barbes et leurs tchadors :

       1/  De quelle Tunisie future nous parlent-il ?  Un pays moderne ? Un pays de droit ? Un pays de liberté d’expression ? Un pays de séparation des pouvoirs ? 

            Aucune de ces terminologies ne s’affiche dans les discours des islamistes et même  si l’on considère leurs  discours politiques sur les chaînes tv et dans les journaux  comme étant des discours d’engagement politiques envers les tunisiens, personne ne rien en tirer à part des sourires vénéneux qui menacent plus qu’ils ne promettent.

     2/ Si les islamistes arrivent au pouvoir, vont-ils maintenir « le code du statut personnel » ? Si oui, ce code est en contradiction très contrastée avec (al chariaâ) / le statut de la femme, les droits de la femme, l’abolition de la polygamie …..Et dire en public ( l’homme moderne ne peut pas subvenir aux besoins d’une seule femme…..) ne veut pas dire que ces intrus à la politique vont maintenir et/ou  approfondir la liberté de la femme . Ce n’est là qu’un échappatoire pour fuir la réponse

     3/ Si les islamistes arrivent au pouvoir, vont-ils approfondir la conscience juridique quant à la pluralité culturelle, politique, sociale ou autre ?

          Je crois que pour répondre à cette question, il faut d’abord en poser une autre : les islamistes sont-ils des démocrates ? Non, l’expérience historique nous apprend sans grande peine que ce terme n’existe pas dans le registre politique des ces gens-là….Ils croient à une forme de différence dans le contexte sunnite et non hors de ce contexte même islamique ; ils ne tolèrent la différence que lorsque celle-ci  ne cible ni le fond ni la forme de  du texte ( société) car pour eux, la société n’est  islamique que lorsqu’elle épouse le texte et se colle  à ses interprétations ; mais alors qui a le pouvoir de lire un texte religieux et de l’expliquer ? personne sauf ( al rassikhouna fil îlmi) et le peuple ? et les institutions politiques ? Et les associations ? La réponse est bien évidemment non….Aucune instance physique ou morale n’a le droit d’expliquer un texte religieux….Quelle démocratie dans l’histoire, à part celle des religieux, exclue-t-elle  la société de la vie publique et octroie-t-elle le droit de la compréhension à une minorité sous prétexte qu’elle ( comprend les paroles de dieu)

    4/ Qui sommes-nous pour les islamistes ?

         Pour ceux-ci la société est divisée en deux ( les croyants et le athées ( les païens n’existent pas en Tunisie à ma connaissance   ) il n’ y a pas d’autres classes sociales, mais est-ce que cette classification  repose sur un quelconque concept scientifique ? Non, c’est juste une classification sectaire qui, et sous cette classification, va conduire le pays à une guerre sans merci entre ceux qui représentent ( hizb allah) et ceux qui représentent ( hizb ach’chaytan).

        Nous n’attendons pas une explication de ce que nous avons soulevé comme questions, les islamistes n’ont aucune réponse à fournir mais c’est surtout pour ceux et celle qui voient en eux  un projet susceptible de promouvoir une liberté et une émancipation pour ce peuple qui a longtemps été soumis à des formes d’esclavagisme hideux et que les islamistes essayent de nous le faire revivre.

 

                                                                                                                                 Kamel Abdallah

20
juil 2011
Posté dans Non classé par 7orriett à 5:13 | Pas de réponses »

اجتازت الشارع الفاصل بين محطة القطار و بعض الأكشاك المنتشرة كالجيف العفنة على الرصيف المقابل و التي انتصب أصحابها بالقرب منها مرددين حلاوة مذاقها في أصوات هي أقرب إلى العواء منها إلى  الآدمية ….. كانت الشمس تتوسط السماء و تلقي بحميم جحيمها على المدينة الجاثمة في صمت عاهرة تتجنبها العيون لقبح منظرها…..و يمزق صمت الصيف القاتل و عواء الباعة أصوات السيارات المهترئة الطلاء و هي تمرق في صخب مجتازة خط السكة الحديدية الذي يقسم المدينة نصفين، فيمتزج العواء بلهيب الشمس الحارقة و صخب السيارات…..صخب صامت…بطعم الموت في هذا اليوم القائظ…..                                                           

      كانت ترتدي فستانا يكشف شيئا ممّا تتعمد المرأة كشفه….فستان يميل إلى الزرقة بعض الشيء ….يلتصق بتفاصيل جسدها في حميمية جعلت عواء الباعة و ضجيج الأكشاك المنتشرة كالجيف يختفي تحت وقع حذائها الصيفي و هو يلامس الإسفلت الملتهب…..لم تكن جميلة بالقدر الذي تتمناه أي امرأة …..كانت كذلك بالقدر الذي يشتهيه أي رجل…. جسدها يهتز على وقع خطواتها في رقصة شبقية و شعرها الأسود المنتشر على كتفيها  يلقي ظلالا خفيفة على عينيها فيميل وجهها إلى السمرة….و لم تكن تنظر إلى الوجوه وهي تلتهم ما تعري سموم الصيف من جسدها…..كانت تجتاز الشارع في صمت و كانت مشيتها تلقي بإيقاعاتها على الإسفلت المنصهر و على عواء الباعة و قبح المدينة فتعطر جحيم اليوم القاتل و تبعث شيئا من حياة في هذا المكان الجاثم تحت سياط الشمس و تعاسة الأكشاك المنتشرة كعلب السردين الصدئة….من تكون؟ باعة الأغذية المعلبة ينظرون في وحوه بعضهم البعض و ينتقل السؤال الصامت من بائع إلى آخر….من تكون؟ كانت تعرف ما الذي كان يدور في أذهان الباعة و كانت تبتسم في سرها و هي تحس شهوة الباعة تخترق جسدها كالسهام الإفريقية المخدرة….كان جسدها يهتز تحت وقع سياط الأعين الملتهبة و لم تكن تعير اهتماما لأصوات الباعة و هي تعوي جافة  دونما صوت….كانت تتعمد ترقيص جسدها على وقع خطواتها و كانت تتعمد ترقيص خطواتها على وقع الشهوة التي حلت على الشارع الذي تجتازه…….                                                                                                                             

    عندما وصلت إلى شقته كانت الشمس قد فتحت على المدينة المتقيحة أبواب الجحيم و كانت الحرارة تنفذ من كل مكان فتملأ الشقة وهجا قاتلا و كان ينتظر قدومها….كان جالسا إلى طاولة صغيرة يقلب في تصاوير لا يراها ….امتلأ البيت بعطرها و هي تجتاز الممر الموصل إلى قاعة الجلوس و عندما اقتربت منه، أحس  كل دمائه تتجمع في عينيه ….كم كانت جميلة و هي تجلس على الأريكة المقابلة له….كم كانت جميلة و هي تحدثه عن الباعة و هم ينزعون عنها ما كانت ترتديه بأعينهم النهمة ….لم يكن يستمع لما كانت تلقي عليه من كلمات تسقط فوق قلبه كقطرات الطل الربيعية…..كانت عيناه تخترق تفاصيل الفستان الصيفي و تلتصق بفخذيها المتعرقين و كانت  و هي تحدثه تنظر في عينيه و تبتسم و هي تراه يلتهم ما تعمّدت أن تكشف من فخذيها…..اقترب منها…..جلس بقربها….تسارعت دقات قلبه حتى بدا له بأنه سينفجر في كل لحظة….تجمعت دماؤه في عينيه……                    

     كم هي جميلة….اختفت الشمس و اختفى جحيم حرارتها من الغرفة …..لم يعد هنالك شيء…..اختفى كل شيء بين طيات جسدها الممتلئ شهوة و رغبة فيه….وضع يده على فخذها فأحسها ترتعش عندما التصقت كفه بما تعرى منه و أحس أصابعه تضغط في ارتعاش  على لحمها اللزج….صدرها المنتصب كجبال مطرية ينتفض و كان يسمع قلبها و هو ينتفض بين ضلوعها كديك مذبوح و كفت عن النظر في وجهه….لم تعد تقدر على النظر في عينيه….تحركت يده فوق فخذها….و لم يعد يقدر على ابتلاع ريقه…..كان فمه جافا….و كانت الكلمات تتجمع فوق شفتيه و لا تخرج…امتدت يدها في صمت هادئ إلى ما تعرى من نهدها فعرته و نزعت عنه الحمالات التي كانت، كقضبان السجن في هده المدينة العفنة، تمنع عنه حرية أن يكون نهدا، فبدا اسمرا …..منتصبا ….فارا نحو سماء من الشبق الجنوني…..كانت يداه تتحسس فخذيها و كانت تفرجهما بالقدر الذي تعتقد أنه بشعل النار فيه…..

                   اختفت الدنيا….و خيم صمت يميل إلى احمرار الشهوة فيهما و كانت تتحسس حلمة نهدها الأيمن….أمسكت رأسه بين يديها و وضعته فوق صدرها فأخرج لسانه و مرره فوق حلمتها  الوردية….كان ثديها ينتفض تحت لسانه و كانت ترفع رأسها في وجع لذيذ نحو سطح الغرفة….لم يعد يدري بالزمن و لم يعد يدري بالحرارة  التي تكاد تحرق أشجار الحديقة….كانت يده تعبث في فخذيها و كان لسانه يمتص الرغبة من حلمتها  و كانت تمسك برأسه بين يديها….امتدت يده إلى الأعلى فانفرج فخذاها….امتدت فوق الأريكة فجلس على أرضية قاعة الجلوس و واصلت يده الصعود فوق فخذها   و واصل لسانه العبث بحلمتها….كانت ترتعش تحت سياط أصابعه و هي تخترق ما بين فخذيها….امتدت يدها  إلى صدره و بدأت تتحسسه….تتحسس رغبته ….و بدأت يدها تنزل في صمت جميل…

15
mar 2011

J’ai conçu ce blog pour pouvoir discuter avec tous ceux que la culture, la religion, et les idéologies réactionnaires écrasent sous le poids de leurs armes fascistes. J’ai aussi conçu ce blog pour permettre à tous et à toutes d’étaler vos idées devant tous ceux qui consultent ce blog en toute liberté et sans contrainte aucune.

    Il est vrai que les tunisiens ont vécu sous l’emprise d’un régime oligarchique et fasciste qui a conjugué l’argent et le pouvoir pour soumettre le sort de toute une population à ses pieds et tout en essayant de détruire dans la conscience collective tout espoir de délivrance mais il a fallu de quelques gouttes d’essence pour que le feu brûle tous les bourreaux et pour que la liberté inhumée ressurgisse et plane de nouveau sur les têtes et dans les coeurs .

arabisme |
BULLES DE REVEUR |
Un livre pour s'évader |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | L'Ecrivoir de Rose-Marie M.
| yalk
| chaineofdunion